Archives par catégorie: LES MESSAGERS

Un montagnard en eau libre !

Le 11 août, il s’est jeté à l’eau à l’occasion de la 49e Traversée de Pampelonne à la nage… Une première expérience en eau libre pour ce guide de montagne.

La 49e édition de la Traversée de Pampelonne vient d’avoir lieu. Pour cet événement organisé par l’Office de Tourisme et de la Culture de la Ville de Ramatuelle, 74 nageurs et nageuses se sont élancés depuis la plage Tropézina pour rejoindre celle des Bronzés. Parmi eux, Maxence L., guide de montagne, dont c’était la première expérience Nage libre ! « Un vrai régal, je me suis bien amusé malgré quelques difficultés d’orientation pour suivre une trajectoire idéale. Mais quelle ambiance ! Je suis très content, à refaire. » Le montagnard a bouclé les 5 kilomètres de la traversée en 1h16’, loin derrière le vainqueur, l’Italien Filipe Luci, le plus jeune participant, qui a rejoint la plage des Bronzés en 50’. « C’est chouette, j’ai une belle marge de progression », a apprécié l’ambassadeur Nage Libre du jour.

Je me suis bien amusé malgré quelques difficultés d’orientation

Maxence L., après son défi.

Ice swimming – Portrait de Marion Joffle

© Jerôme Kornprobst

Les premiers championnats de France de nage hivernale se sont tenus à Vichy le premier week-end de février. Chez les dames, la star de la discipline se nomme Marion Joffle.

Tous les résultats de ces premiers championnats de France en ligne : Résultats 

L’Histoire retiendra que Marion Joffle a été la première championne de France d’Ice swimming (température de l’eau inférieure à 5°C, entre 5 et 10° on parle de nage hivernale) sur le 1000m en 14’06’’85, 6echrono mondial… Tout comme elle était devenue la première Française à boucler un 1000m d’Ice swimming dans une eau à 3,8°C (15’56’’). C’était à Veitsbronn (Allemagne), en janvier 2018. Mais qu’est-ce qui pousse cette jeune femme de 19 ans à nager en eau glacée ? « J’ai commencé par l’eau libre en 2011 avec des distances de 1000 puis 1500m avant de passer progressivement sur 25km. Mais je n’étais pas rassasiée », sourit la nageuse de l’EN Caen. Et doucement, le projet de traverser la Manche (septembre 2020) fait surface en 2017… « Pour la distance, je n’étais pas inquiète. J’ai déjà parcouru 70 km lors des 24h de natation. Ma préoccupation était le froid car la traversée s’effectue en maillot, avec comme seule possibilité pour se protéger d’utiliser de la graisse. »Son coach Philippe Fort (une traversé de la Manche à son actif) l’emmène donc nager en eau froide. Une révélation.

HUMILITE ET PARTAGE

Nage Libre

« J’étais plutôt à l’aise dans une eau à 10°. Alors Philippe m’a poussée à pratiquer l’Ice swimming. Honnêtement, je me suis demandée ce que j’allais faire dans cette galère. » (rires)
Après sa première expérience réussie à Veitsbronn, Marion récidive à Amsterdam dans une eau à 3,8° avec un 14’56’’ aux 1000m — « J’étais tellement heureuse. C’est là que j’ai su que l’Ice swimming serait ma discipline »

Marion enchaîne avec les championnats du monde en mars 2018, ponctués de deux médailles d’or (100m NL et 50 brasse), une en argent (25m brasse) et une en bronze (25m papillon) dans une eau à 0.2°C ! « On entre dans une autre dimension, les yeux pétillent. »

Désormais expérimentée, Marion Joffle connaît le danger de la discipline qu’il faut aborder « bien préparée et avec beaucoup d’humilité ».  A Veitsbronn en janvier 2019, elle s’est un peu fait peur avec un 1000 m dans une eau à 1,7°C. « Sur le deuxième 500… Ma vue a baissé, ma mâchoire s’est bloquée, j’avalais de l’eau… Une grande souffrance mêlée à beaucoup d’émotions et de bonheur à l’arrivée. » Des émotions qu’elle veut partager, avec sensibilité et sincérité. Marion nage d’ailleurs contre le cancer, récoltant des fonds au profit du service pédiatrique de l’Institut Curie.

« Enfant, j’ai perdu un doigt en raison d’un cancer des tissus mous. Quand je suis dans l’eau, quand je souffre, quand j’ai froid ou quand j’ai peur, c’est aux enfants malades que je pense. Alors j’y retourne car quand je nage, je me sens libre, je me sens vivante. Je veux leur apporter une lueur d’espoir. Même si c’est souvent difficile, on peut atteindre ses rêves. »

Soutenir la cagnotte de Marion Joffle au profit du service pédiatrique de l’Institut Curie

Jacques Tuset : Xtrem swimmer

Nage Libre® participe à l’organisation des premiers championnats de France de natation hivernale (Vichy du 1erau 3 février). Une belle occasion pour croiser Jacques Tuset, Xtrem swimmer.

© Alex Voyer

La nage est sa passion : « Nager, c’est la liberté, l’évasion. Nager en eau libre, la nage sauvage… On ne pense à rien d’autre, on fait corps avec l’eau et le paysage », explique celui qui entraine l’Aqualove de Montpellier, l’un des premiers clubs de sauvetage sportif en France. L’évasion, Jacques Tuset en a même fait sa marque de fabrique : Traversée de Paris à la nage, de la Manche, du Détroit de Gibraltar… Il s’amuse désormais à s’évader des prisons les plus célèbres — Alcatraz, Château d’If, Fort Boyard, Robben Island, Spike island — au profit de l’association France choroïdérémie qui récolte des fonds pour lutter contre cette maladie génétique dégénérative de l’œil. « Perdre la vue, c’est être enfermé. Mes évasions contribuent à ce que ces personnes atteintes de la choroïdérémie retrouvent la liberté de voir. M’évader est devenu un plaisir.» 

© Philippe Da Costa

En slip de bain et avec une simple paire de lunettes, Jacques Tuset n’use d’aucun artifice. Dans une nature parfois hostile, bravant les courants et les vents, les températures d’eau aussi, il nage…
« Comme aux sources de la pratique, celle de nos ancêtres. Mais nager aux côtés de dauphins, d’orques ou dauphins à bosse, c’est quelque chose !».

Les championnats de France de nage hivernale à Vichy les 1er, 2 et 3 février prochains.

ICE-SWIMMER

Référence nationale en Ice-swimming (eau inférieure à 5°. Quand l’eau est entre 5° et 10°, on parle de nage hivernale), Jacques Tuset était en tournage au mois de décembre au lac Chambon pour Nage Libre®.

« La nage hivernale est à la portée de tous mais il faut se préparer sérieusement car il s’agit de maîtriser les chocs thermiques et l’augmentation brutale du rythme cardiaque qu’ils génèrent. Après deux minutes dans l’eau (une sortie ne dure jamais plus de 20 minutes), les orteils et les mains sont à 12° là où le corps gère à 36°… L’adrénaline et les endorphines font le reste !»

A la sortie de l’eau, il faut ensuite affronter l’Afterdrop (phase de réchauffement du corps) avant de connaître un état de bienêtre absolu. « On grelotte, la mâchoire est bloquée… Mais après, c’est le pied. »

Nage Libre® participe à l’organisation des premiers championnats de France de natation hivernale (Vichy du 1erau 3 février). Une belle occasion pour croiser Jacques Tuset, Xtrem swimmer.

« L’océan me fascine »

Alors que Nage Libre® s’affiche aux championnats de France de natation qui ont lieu ce week-end à Montpellier, l’occasion était belle de faire un clin d’œil à Frédéric Eljaszewicz, vice-champion de France sur 200m dos en 2000… et aujourd’hui « Messager de l’eau Nage Libre® ».

2’04’76… C’est le chrono qui a permis à Frédéric Eljaszewicz, alors nageur à Chamalières, de monter sur le podium du 200 m dos des championnats de France de natation (bassin de 50 m), les premiers du XXIesiècle. « Un chrono à relativiser car c’était une autre natation à l’époque. Aujourd’hui, ça va plus vite », admet humblement celui qui est aujourd’hui professeur d’EPS à Gannat. Mais à 41 ans, Fred nage toujours, trois fois par semaine, pour le plaisir. « Depuis les interclubs 2017 avec Vichy, je ne nage plus en compétition mais la natation demeure un vrai plaisir. J’aime ça. Sans traumatisme pour le corps, je m’entretiens pour conserver la forme pour pratiquer ma passion du surf. »

Car on peut vivre en Auvergne, exceller en natation et se passionner pour la houle.
« L’océan est fascinant, magique. Et génère une certaine euphorie communicative, une envie de partage. » Dans des décors de carte postale, il écume les spots en sa Normandie natale, en Bretagne, en Gironde, au Pays basque, en Galice, sur la côte portugaise et cet automne en aux Philippines. « Un voyage pour le surf, l’amitié, les rencontres… »

LA FATIGUE DE L’EAU

Si Frédéric Eljaszewicz aime tant cet élément, c’est pour les sensations que l’eau procure. « Elle rassemble les nageurs lors des entraînements… Elle incarne une dimension physique aussi. Il y a une sensation difficile à décrire : la fatigue de l’eau. Je retrouve cela en surf : puissance, humilité, glisse et fun ! C’est presque addictif.»

Fred aime sa liberté — « dans l’eau, les contraintes s’envolent » — et rêve de découvrir l’Australie. Pas seulement pour ses vagues. Pour son peuple aussi, si proche de l’océan..